Depuis la plus haute antiquité deux paramètres visant à établir la civilisation ont toujours été récurrents :

                1°) La construction de temples du temps marquant équinoxes et solstices et permettant d’établir un calendrier des cycles saisonniers pour les semences, récoltes, élevages, etc… Ces édifices pouvaient être des pierres levées, des dolmen, des pyramides, des temples, des églises où des cathédrales. Connaître les cycles saisonniers est tout simplement une question de survie pour les populations sédentaires. Cette tradition a perduré jusqu’à nos jours. Chaque village français dispose d’une église à savoir son « temple du temps ». Même si ces églises sont aujourd’hui dites de religion catholique, il suffit de faire quelques fouilles archéologiques pour découvrir qu’il s’agit en fait de « lieux protohistoriques du temps » autour desquels s’organisa la vie durant des millénaires. Sous Chartres par exemple, l’on retrouve une crypte protohistorique que visita Maurice Guignard. Elle remonte au 5ème millénaire avant l’ère chrétienne ainsi que des pierres du temps.

                2°) Les temples ou collèges de vierges ont toujours existé depuis 10 000 ans et plus. Là encore, les Chrétiens ont gardé un certain culte aux vierges mais ils en ont perdu la signification originelle. Les cercles de vierges étaient les lieux de la plus haute science spirituelle visant à faire de ces femmes des éveillées guidant leur peuple. Au-delà de leurs savoirs dont elles faisaient bénéficier leurs contemporains, elles étaient en quête d’un homme qu’elle pourraient éveiller, purifier et avec lequel elles auraient une descendance visant ainsi à bonifier l’humanité de « divins enfants ». Cet aspect des choses connu des hommes de l’Antiquité et de nos druides engendrait un respect révérencieux vis à vis de ces groupes de femmes dont le but était de parfaire la civilisation par des descendances d’éveillés.

                Ainsi faut-il voir le terme « Vierge » comme un titre marquant l’éveil par la purification de tous les corps subtils et centres parapsychiques de ces femmes.

                Au-delà de leur statut qui leur conférait un immense prestige dans l’Antiquité, elles étaient également guérisseuses, disposaient de leur propre justice et surtout constituaient un réseau de richesses dont elles usaient pour organiser la vie économique et cultuelle. Chaque collège de vierges du bassin méditerranéen jusqu’en Asie était une structure « bancaire » autour de laquelle s’organisait la vie, via des enseignements médicaux, vétérinaires, mathématiques, astrologiques, géologiques, architecturaux, proto-technologiques, alchimiques, spagyriques, etc.

Schisme protohistorique

                Le culte protohistorique s’organisait autour des déesses mères dont les vierges étaient les représentantes sur Terre. Elles étaient nommées « messagères célestes », représentées volant dans le ciel sur les miroirs et céramiques étrusques. Elles conférait un enseignement révélé dont sont issus tous les livres sacrés : bibles, coran, soutra, upanisad, etc… On peut parler d’un culte féminin des ancêtres divinisés où chaque collège avait sa lignée initiatique féminine : Isis, Artémis, Frigg, Aphrodite, Tara en Inde ou Gwanyin en Asie. Ceci explique le culte des grandes déesses mères pratiqué de toute éternité de l’extrême Occident à l’extrême Orient.

                La création de monothéismes magiques patriarcaux sanglants visa à renverser les ordres de vierges. Nombre de déesses mères protohistoriques furent affublées de noms masculins et tous leurs textes révélés remaniés, afin de correspondre aux nouvelles doctrines masculines. (voir nos explications à ce propos dans les précédents Morphéus). Le féminin sacré fut combattu, engendrant des siècles de guerre entre les courants matriarcaux et patriarcaux. Les invasions viking illustrent parfaitement ce perpétuel conflit.

Implantation des vierges de Saint-Fort en 857

                Sans l’apport des invasions Viking visant à restaurer l’ordre des vierges, nous aurions grand peine à comprendre comment s’organisait notre civilisation depuis la protohistoire.

                Maurice Guignard en parle en ces termes :

« Après la conquête de Chartres en 857, par le chef viking Hasting, Charles le Chauve ratifia le fait accompli de la conquête. Il conféra à Hasting le titre de Comte de Chartres et du pays chartrain. Les deux premiers gestes du conquérant furent de repeupler la ville avec des immigrants norvégiens puis d’instituer une communauté de vierges guérisseuses.

                Ces vierges furent recrutées parmi les vierges du bouclier (skjald-meyjar) qui accompagnaient les conquérants. Dans les siècles suivants, elles se christianisèrent progressivement mais elles exerçaient toujours à Chartres une autorité prépondérante et incontournable. Elles se dénommaient Dames de Saint-Fort, « foraô » en norrois signifiant crypte ».

                Ces femmes n’étaient autre que des vierges des cryptes en charge des écrits prophétiques comme il en existaient à Chartres 6000 ans auparavant selon la tradition celte. Il s’agit donc bien de la restauration d’un culte ancestral des vierges. En Normandie, il s’agit des « vierges du bouclier », femmes qui dirigeaient leurs hommes tant sur les mers que sur les champs de bataille. On retrouve actuellement ici et là des sépultures de « grands guerriers viking » avec leurs armes. Après analyse on s’aperçoit qu’il s’agit en fait de femmes, ces fameuses skjald-meyjar, vierges guerrières viking.

Sépulture de skjald-meyjar

En 1880, des archéologues ont mis au jour une tombe Viking à Birka sur l’île de Björkö en Suède. Cette sépulture n’était pas agencée de manière habituelle. Deux chevaux sacrifiés accompagnait la sépulture d’un être allongé entre deux boucliers. Arc, flèches, lance, hache, épées, étaient disposés à côté du défunt. Ils conclurent qu’il s’agissait de la tombe d’un guerrier Viking de haut rang.

                En 2014, une étude ostéologique, menée par l’Université d’Uppsala en Suède, découvrit qu’il s’agissait en réalité d’une femme.

                En 2017, ce fait fut confirmé par une analyse ADN des ossements menée par l’archéologue Charlotte Hedenstierna-Jonson. Les résultats de l’étude furent sans appel : l’ADN de ce supposé guerrier est féminin.

                Il s’agit donc bien de la sépulture d’une guerrière Viking et plus précisément d’une « skjald-meyjar », une vierge au bouclier. Dans la tombe, la disposition du corps entre deux boucliers en atteste.

Source :

https://onlinelibrary.wiley.com

Extraits Morphéus n°94 juillet août 2019