Faute de financement, Jean Lassalle, le député non-inscrit des Pyrénées-Atlantiques, a indiqué qu’il renonçait à se présenter aux élections européennes.

                Deux jours avant le début officiel de la campagne pour les élections européennes, Jean Lassalle abandonne. En cause, l’absence de fonds nécessaires pour le faire. Le Fondateur du parti « Résistons ! » fait savoir que « les conditions financières ne sont pas réunies et mercredi soir, avec mon équipe, nous avons décidé que ce n’était pas la peine de maintenir une espèce de suspense. »

                Un candidat aux élections européennes doit atteindre un seuil minimum de 3 % des voix pour prétendre à un remboursement de ses dépenses électorales. Mais ce remboursement est tout de même plafonné à 9,2 millions d’euros. Une élection européenne coûte au minimum 1 million d’euros. Si aucune banque ne vous prête de l’argent vous pouvez jeter l’éponge et dire adieu à vos idées aussi nobles soit-elles.

                Jean Lassalle en tire des enseignements : « Elle dit beaucoup de choses de la vie politique. Aujourd’hui, si vous n’avez pas de financement, vous ne pouvez plus rien dire ».

La guerre des banques

                Monsieur Lassalle n’est pas le seul candidat qui se voit refuser tout prêt bancaire. Alors que Mélenchon et Marine Le Pen dépasseront largement les 3 %, ils se retrouvent dans la même situation. De fait, les banques présélectionnent ainsi les candidats aux élections européennes. Au-delà de toute idéologie, il y aura seulement deux types de candidats à ces élections. Ceux que les banques soutiennent et ceux que les banques combattent. Devant l’inanité de la situation, il serait bon de distinguer les partis bancaires, des autres et de choisir son camp.

Pourquoi ne pas renverser la table ?

Une majorité de candidats ne disposeront pas de prêts bancaires. S’ils se rassemblaient en refusant unanimement de participer à ces élections, nous aurions un puissant front politique anti-banques. Il suffirait alors d’organiser une élection parallèle à moindre frais en marge des élections officielles. En renversant la table ainsi tous les élus bancaires se verraient délégitimés d’office. Les petites guerres partisanes et les appétits personnels engendrent malheureusement une absence totale de créativité politique. C’est bien dommage, et l’on continuera à voir Mélenchon, Le Pen et d’autres quémander auprès de populations esseulées, afin qu’ils puissent avoir une place grassement payée dans l’hémicycle européen. L’immaturité politique de ce qu’on appelle « l’opposition » est vraiment navrante…

Source RT 14 Février 2019

Morphéus N°93 mai-juin 2019