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Aux sources de la pensée transhumaniste

Michel Faucheux dans son article Golem-machine traduit l’idéal transhumaniste ainsi : « au fur et à mesure des progrès de l’intelligence artificielle, le robot-golem devient l’horizon de l’humanité. L’informe est devenu l’idéal de la forme. La masse saturée d’informations devient notre horizon. Les codes et les chiffres produits par l’ordinateur se substituent aux contes et aux récits pour dire le monde ».

                Nous sommes submergés par une vague transhumaniste qui rompt avec les critères de la pensée humaine. Le transhumanisme est un modèle appliqué de logique cybernétique. Il n’y a pas de séparation entre le bien et le mal, entre le vivant et le non vivant, entre le naturel et l’artificiel, entre l’adulte et l’enfant, entre le sexe féminin et masculin permutables à souhait. La subjectivité humaine est perçue comme un objet qui doit être géré par la cybernétique (via psychotronie).

                Dans le transhumanisme, il ne saurait y avoir de bon sens, de vérité, de bonheur véritable sinon le plaisir des sens et surtout, il ne saurait y avoir de Dieux, de création ou de transcendance. Nous assistons à la naissance d’une véritable cyber-religion coupée de la création même. Son seul Dieu n’est autre que l’intelligence artificielle, modèle « dit parfait », face à l’imperfection de la subjectivité humaine dont il faut gérer la pensée pour l’intégrer au modèle « parfait » des cyborgs. Cette intégration permettra une rentabilité et une efficacité accrues de « l’homme augmenté » incarné à terme dans une machine. En dénaturant l’homme ainsi, nous n’aurons plus de guerres. La fin du libre arbitre mènera à la paix éternelle des robots, l’histoire de l’humanité ayant été soigneusement effacée des mémoires…

D’où vient cette pensée qui vise à transformer tout homme en robot pour assurer « la paix » ?

                Norbert Wiener, un des fondateurs de la cybernétique, a été très fortement marqué par les atrocités de la seconde guerre mondiale. De ces traumatismes est née une pensée qui est à la racine même du transhumanisme. Norbert Wiener considéra qu’il fallait fournir à la société « un moyen de se protéger contre les dérives sanguinaires de l’homme, de lutter contre l’entropie, voilà donc un des buts avoués de la cybernétique ». En clair, trouver les moyens technologiques visant à reformater toute subjectivité humaine assurerait la fin des atrocités humaines.

                Si cette pensée semble noble, a priori, elle induit une guerre acharnée contre tout ce qui fait l’humain sans distinction. C’est un idéal qui, comme tous les idéaux, a une composante infernale d’absolu et de perfection dictatoriale jamais égalée. Sans le savoir, Norbert Wiener venait d’ouvrir une boîte de Pandore. La guerre globale contre l’humain était lancée.

                Les pires psychopathes mondialistes se sont emparés de cette idée pour la mettre en application avec tous les développements de la psychotronie. Attachés à la perspective d’un pouvoir dictatorial absolu sur les consciences, les pires atrocités sont faites contre l’humanité et dépassent de loin celles des nazis. D’ailleurs, tous les scientifiques nazis ont été protégés, leurs travaux étudiés afin de parfaire un système de cybernétisation de la conscience humaine. On peut affirmer que l’avènement du transhumanisme n’est que le prolongement des sciences infernales des systèmes concentrationnaires nazis.

               L’enfer est pavé des plus grands idéaux de paix, de sécurité et des meilleures intentions angéliques. Qui veut faire l’ange, fait la bête. Une bête qui se nomme « intelligence artificielle » relayant tous les moyens technologiques de lobotomisation de l’humain.

                Nous sommes tous imparfaits et nous revendiquons cette imperfection. Telle est notre liberté. Elle garantit notre perfectibilité constante par le regard intérieur que nous portons sur nous-mêmes. Cette composante humaine spirituelle est là pour nous faire évoluer dans des distinctions toujours plus fines du bien et du mal. La fin ne justifie jamais les moyens. Si ces moyens sont d’une abomination sans nom, ils n’aboutissent qu’à des abominations dans un cercle vicieux de continuelles chutes de la conscience humaine. L’homme coupé de la création et des réalités célestes est confronté au vide métaphysique le plus absolu. Il tente de combler ce vide par le déploiement d’un pouvoir total illusoire sur la matière…

Frédéric Morin

8 décembre 2017

Morphéus N°85 janvier février 2018