La stratégie de « la théorie du complot » fête ses 50 ans !

Les termes « théorie du complot », « complotiste » ou « conspirationniste » sont issus de l’État profond américain suite à l’assassinat du président Kennedy. Il s’agissait de graver dans le marbre une théorie officielle occultant les faits réels et de la défendre en taxant de conspirationnistes tous ceux qui la critiquerait. Cette méthode a donné ses fruits et donne encore des fruits aujourd’hui. Elle permet de transformer une théorie mensongère officielle en vérité absolue. En retour, elle se dote de moyens, pour dénoncer tout élément factuel de vérité, en l’assimilant à du complotisme. Avouons qu’il faut un esprit particulièrement pervers pour utiliser de tels procédés.

On trouve la preuve de ce procédé dans un document de la CIA daté du 1er avril 1967. Le document n°1035-960 a introduit le terme de « Conspiraty Theory », en français « théorie de la conspiration ». Il a été publié en 1976 à l’instigation du New York Times. La CIA a ainsi réagi au malaise, largement répandu dans la population américaine, concernant l’interprétation officielle de la Commission Warren relative au meurtre du président Kennedy.

À l’époque, la Commission Warren, engagée par le successeur de Kennedy, Lyndon Johnson, conclura à la thèse du tireur isolé. Lee Harvey Oswald, lui même assassiné peu de temps après, était le seul coupable. L’affaire fut ainsi très vite classée.

Oswald, âgé de 23 ans, aurait tiré, avec un fusil Mannicher Carcano, à une distance de 150 m sur le président Kennedy. Il l’aurait atteint à la tête et au cou, le blessant ainsi mortellement. Cependant lors de la reconstitution des faits, 3 tireurs d’élite n’ont pu réussir un tel exploit. Malgré cela, la Commission Warren insista et continua à déclarer qu’Oswald, tireur amateur, était le seul responsable de l’assassinat de Kennedy.

Ce qui est révélateur, c’est que l’influent directeur de la CIA, en fonction jusqu’en 1961, Allen Welsh Dulls, était membre de la Commission Warren. L’État profond était donc bien à la manœuvre dans cette histoire.

Après la présentation du rapport Warren, d’innombrables versions alternatives du crime suggéraient une implication directe de la CIA dans l’attentat contre JFK. Les services secrets américains ont donc mis en place un procédé diffamant à l’encontre de tous les sceptiques du rapport Warren. La CIA a ordonné à son personnel de l’époque de discuter discrètement du sujet avec les représentants des médias nationaux et étrangers. L’objectif était de discréditer les voies critiques de la version officielle. Le document n°1035-960 de la CIA mentionne que des propagandistes communistes prennent part aux soupçons de conspiration qui circulent.

« Toutes les critiques à l’encontre de la CIA sont des théories élaborées sans aucune preuve ». Telle fut la version officielle des médias mainstream de l’époque. « Des théoriciens du complot, motivés politiquement et poussés par des intérêts financiers, ont fait des recherches orientées visant à asseoir leurs propres théories conspirationnistes ».

Inventant littéralement le terme de « théorie du complot » la CIA a mis en œuvre une véritable stratégie de propagande anti-conspirationniste visant un grand nombre de journalistes d’investigation. Pour cette propagande, les médias ont été impliqués, avec des moyens financiers issus directement de la CIA, afin qu’ils participent à de vastes campagnes de diffamations.

Nous devons donc le terme « conspirationniste » et « complotiste » à une stratégie de l’État profond américain utilisé il y a 50 ans. Cette propagande anti-conspirationniste fut mise en œuvre pour protéger une théorie officielle chancelante dénuée de preuves tangibles ou d’arguments cohérents.

Force est de constater que nous sommes aujourd’hui souvent confrontés à ce genre de propagande anti-conspirationniste. Des thèses officielles, dénuées de preuves scientifiques, dénuées de cohérence et dénuées d’éléments factuels logiques, émergent çà et là depuis le 11 septembre. Malheur à celui qui, usant de simple bon sens, critiquerait l’inanité d’une version officielle. C’est un conspirationniste, un complotiste, un paranoïaque…

De notre point de vue, il est clair qu’il n’y a ni conspiration, ni complot, pour une raison simple : « Ils ont déjà le pouvoir ! ». Du moins, une composante de l’État profond dispose des manettes, stérilisant toute velléité démocratique d’où qu’elle vienne.

Frédéric Morin
Morphéus n° 82, juillet-août 2017